Le port artificiel d'Omaha Beach refait surface(source Ouest-France)

Bientôt soixante ans après le D-Day, Omaha Beach a retrouvé une partie de son port artificiel construit trois jours après le Débarquement. Les vestiges, qui ont échappé de justesse à la démolition, ont pris place hier, au milieu d'un champ, à Vierville-sur-Mer, grâce à l'acharnement d'une poignée de passionés.


Plus de 400 kilomètres parcourus en plus de neuf heures. Partie à 5 h d'Esvres-sur-Indre, à proximité de Tours, la partie centrale de l'ancien port artificiel d'Omaha Beach, a été acheminée, hier, jusqu'à Vierville-sur-Mer. Une vitesse de croisière bien méritée pour cette structure appartenant désormais au patrimoine historique.
"Peu de monde le sait, mais il s'agît du premier port artificiel qui a été mis en place le 9 juin 1944, avant celui d'Arromanches", souligne Michel Brissard, responsable du musée de Vierville-sur-Mer.

Sa construction n'avait pu être achevée, puisque quelques jours après, le 19 juin 1944, la terrible tempête qui s'est abattu sur les côtes normandes l'a rendu inutilisable. "Certaines pièces sont allées compléter le port artificiel d'Arromanches". Après la guerre, les anglais décident de léguer les pièces restantes aux français. "Cela faisait plus de cinquante ans qu'elles étaient conservées dans un entrepôt de la DDe en Indre-et-Loire". Dans un silence anonyme, ce sont plus de 600 tonnes d'histoire qui s'apprêtaient à partir en fumée. "L'assemblage n'étant plus aux normes, il y a un an la DDE avait décidé de le détruire". Interpellé par cette nouvelle, Michel Brissard, met alors tout en place pour sauver la structure. symbolique, des transporteurs se joignent à ce passionné du Débarquement pour faire acheminer ces tonnes de ferraille jusqu'en Normandie. Trois premières semi-semorques ont fait la route hier. Mais la plus grosse partie reste à venir. Il faudra au total près d'une trentaine de poids lourds pour rapatrier le reste des éléments vers le champs prêté par l'un des habitants de la commune face à la plage d'Omaha Beach.
Racheté un euro
"C'est quelque chose d'exceptionnel, les gens vont pouvoir concrétiser dans leur esprit ce port qui a été trop souvent oublié", commente Jean-Marie Oxeant, maire de Vierville-sur-Mer. Si l'élu est si enthousiasmé par la venue de ces passerelles fabriquées en Angleterre, c'est qu'il a bien conscience des retombées d'une telle installation. Son petit village, qui compte aujourd'hui quelques 250 âmes, doit s'attendre à recevoir davantage de touristes lorsque l'assemblage sera réalisé. A Vierville-sur-Mer, on prépare déjà le soixantième anniversaire du Débarquement.

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