Il veut faire revivre son "port" (source "La Manche Libre")


Omaha Beach a été un des plus hauts lieux du Débarquement en Normandie. Le grand nombre de soldats américains tués sur la plage lui valut le triste nom de "Bloody Omaha". Un projet vise à reconstruire à proximité un ponton de débarquement.
C'est un ponton identique à celui de la photo de droite que Michel Brissard veut reconstituer à proximité du site du port Mulberry, à Vierville-sur-Mer.


6 juin 2004, soixantième anniversaire du Débarquement allié en Normandie. Un peu partout dans notre région, les manifestations vont fleurir pour saluer la mémoire de ces jeunes Américains, Britanniques, Canadiens et Français qui ont participé au "jour le plus long" et aux combats qui l'ont suivi.
Ce soixantième anniversaire est plus qu'une année symbole d'une nouvelle décade écoulée depuis 1944. Ce sera vraisemblablement la dernière occasion pour les vétérans encore vivants de participer à une commémoration d'envergure. Aussi, chaque commune, chaque site touché par les événements de juin 1944 va mettre un point d'honneur à organiser "SA" cérémonie de commémoration, apporter sa pierre à l'édifice commun. Vierville-sur-Mer, dans le Calvados, fait partie de ces lieux qui ont payé un lourd tribut lors du Débarquement. La commune est située au coeur de l'opération militaire. 30 000 Américains ont débarqué à Omaha Beach.
Dès le 7 juin, ils se sont mis à l'oeuvre pour mettre en place un immense port artificiel, destiné à assurer la mise à terre, en quatre mois, de 500 000 hommes, 80 000 véhicules et 1 million de tonnes de munitions, approvisionnements et carburants. Le "25th regiment des Seabees" (Les Abeilles de mer, corps de génie de la Marine) est chargée de cette construction.

Le port, de son nom de code "Mulberry", se compose de grands navire sacrifiés et coulés, de pontons en béton armés formant des digues de protection. A l'intérieur de cet abri sont installés en dix jours seulement des quais et des passerelles flottantes pour assurer les déchargements. Le 16 juin 1944, la première de ces passerelles, nom de code "Whale", est mise en service devant Vierville. C'est l'une de ces passerelles que Michel Brissard, responsable et fondateur du musée D-Day Omaha, a l'intention de remettre en état.
Après la guerre, les éléments métalliques de ces pontons ont été réutilisés dans la reconstruction des ponts de la région, avec l'accord des Britanniques. Aujourd'hui, il n'en existe plus rien. "Ces poutrelles ne sont plus aux normes", explique Michel Brissard. C'est presque par hasard qu'il a appris l'existence de morceaux d'un des pontons d'Omaha Beach, entassé sur un parking de la direction départementale de l'équipement d'Indre et Loire, à Esvres-sur-Indre.
"Un gendarme qui suivait un stage dans cette région a vu les poutrelles, puis est venu m'en parler. Tout le reste à reposer sur des rendez-vous avec le ministère de la Défense afin d'obtenir l'autorisation de rapporter ces poutrelles à Vierville-sur-Mer, avant leur destruction, à laquelle elles étaient incessammnt promises.
Une première partie de ces pontons est déjà arrivée à Vierville-sur-Mer. Michel Brissard doit oraniser le retour des autres éléments du port artificiel qui, une fois assemblés, représenteront une longueur totale de 140 mètres.
"Nous avons besoin de 44 semi-remorques pour transporter ke tout. L'armée n'ayant pas vocation à effectuer ce transport, il faut trouver une entreprise à même de le faire. Nous essayons de mobiliser au maximum les volontés locales sur ce projet".
La présentation de ces ponts passerelles se fera sur un terrain privé, le long de la chaussée qui descend vers la plage de Viervile. Certains envisagent une scénographie basée sur le principe du son et lumière. Michel Brissard souhaite faire participer au projet les entreprises locales. "Ces éléments spectaculaires, jamais présentés ailleurs, permettont aux visiteurs d'Omaha Beach de se rendre compte de la nature et de la dimension du port Mulberry".

En parrallèle à ces reconstructions, les Editions Hirlé, basées à Starsbourg, ont entrepris, en collaboration avec le musée D-Day Omaha de Vierville, la rédaction d'un ouvrage de référence, intitulé "Omaha au nom des derniers témoins". C'est une tribune offerte aux derniers témoins survivants des événements de juin 1944, Alliés et Allemands. "Le principe de rédaction de l'ouvrage est d'illustrer des photos par des témoignages de soldats de base des deux camps, ainsi que des habitants ayant vécu l'événement", explique Ronald Hirlé responsable de la maison d'éditions. Les auteurs du livre sont Gérard Cardonne, ancien Légionnaire et auteur de nombreux ouvrages militaires, et Raymong Couraud, grand reporter au journal "L'Alsace" et spécialiste des questions de défense. Le livre devrait être diffusé en Octobre 2003 au prix de 25 €.

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