
Le
Général Roosevelt
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"Parmi les soldats de la 4° division", comme
le lui avait demandé Bradley ? Non : à leur
tête, comme il en avait la dangereuse habitude. Il avait
supplié quon le laissât partir avec la première
vague : "ça rassurera les gamins de me voir dans
le coup." Il était le seul général
à accompagner cette première vague et, des six
mille hommes qui la composaient, il était certainement
le plus âgé : cinquante-sept ans, avec un coeur
qui battait la breloque et une épaule raide de rhumatisme.
Mais Roosevelt avait vu juste :
"Sa présence réconfortait les soldats qu'il
menait à "l'assaut avec, pour seules armes personnelles,
un pisolet à sept balles et une canne. Contemplant
cet homme au visage creusé de rides qui aurait pu être
leur père, les garçons de vingt ans se disaient
:"Si le vieux tient le coup, je dois pouvoir aussi."
Il reste au général cinq semaines à vivre.
Son objectif est l'immense plage de sable blond de Sainte
Marie du Mont, que les Américains ont baptisé
Utah. Elle a déjà une très vieille expérience
des débarquements. Il y a plus de mille ans, en 841,
les vikings y ont débarqué de leurs drakkars
et ont conquis le pays.
En 1793, lors de la révolution française, les
Anglais ont tenté à leur tour une descente pour
venir au secours des chouans royalistes. La plage allait donc
subir le troisième débarquement de son histoire.
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